agriculture urbaine

Quelle sera l’agriculture urbaine de demain ?

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Aujourd’hui, nous vous parlons de notre rencontre avec Guillaume du Coin Jardin. Spécialisé dans la création de terrarium et dans le conseil en jardinage, il nous livre sa vision de l’agriculture urbaine.

#1 : Tu décris Le Coin Jardin comme une agence de conseils en jardinage, tu penses que cela fait partie des nouveaux métiers de demain ?

Pour les particuliers, je pense qu’il y a un credo sur l’aspect « conseil », sous formes d’animations, d’ateliers. Je pense qu’en effet c’est une compétence en plus que les jardiniers et les paysagistes vont devoir développer davantage. Je parle d’agence de conseils parce que c’est la dimension de conseils auprès des particuliers et des pros, sur toutes les pratiques de jardinage urbain.

#2 Tu as beaucoup d’entreprises qui te contactent ou c’est beaucoup de particuliers ?

Je suis vraiment spécialisé sur le jardinage urbain, donc, des petites installations. Pour les entreprises, ça passe par de l’installation de plantes, dans les bureaux, dans les commerces, dans les restaurants, avec une démarche artistique. L’idée ce n’est pas seulement de venir poser des plantes, c’est d’avoir une cohérence par rapport au lieu, là on se rapproche de l’aménagement. Mais ce n’est pas du paysagisme d’intérieur, car je n’installe pas de gros arbres, dans des halls, les centres commerciaux etc.

Je reste centré sur la pratique du petit jardinage, avec l’idée d’installer des plantes assez simples pour que les employés puissent s’en occuper facilement.

#3 Pour toi, comment s’explique cet engouement pour le végétal ?

Il y a plusieurs choses, plusieurs portes d’entrée. C’est vraiment en fonction des profils des personnes. Il va y avoir des personnes qui vont être très portées sur la déco, elles vont donc intégrer du végétal à la leur, car cela fait partie d’une tendance générale.  Mais au final ça ne va pas aller plus loin, car c’est une démarche assez matérialiste : on possède les plantes « à la mode », on est « tendance ». Ça, on le voit émerger depuis peu de temps, notamment sur les réseaux sociaux qui véhiculent de l’image, qui influencent et qui développent la consommation de plantes tendances.

Il y a aussi des personnes avec une prise de conscience écologique. L’idée que l’on est dans un monde qui est fini et dans lequel on consomme de plus en plus de ressources. Donc, il y a un questionnement sur l’alimentation. Et là, naturellement si l’on va au bout des choses, il y a cette étape de faire pousser sa nourriture ou au moins comprendre comment cela fonctionne.

On parle aussi de jardinage alimentaire en ville. On a de plus en plus de gens qui sont urbains ou qui sont dépendants des centres-villes, donc nécessairement il y a une influence qui est très importante. Tout le monde, même en ville, veut expérimenter le fait de faire pousser sa propre nourriture.

Après, ce n’est que 3 entrées possibles, mais je pense qu’il y a pleins d’autres courants. C’est une tendance globale.

#4 Est-ce que nos villes de demain vont évoluer à ton avis, végétalement parlant ?

Je l’espère ! Après c’est difficile de faire de la prospective sur l’avenir ou sur le long terme, cela dépend de beaucoup de choses ; de la motivation des gens, d’indicateurs politiques et économiques etc.

Après on voit pleins de mouvements qui émergent, à Nantes par exemple, on a des mouvements qui prônent l’agriculture urbaine, à Paris aussi. Alors, est-ce que ça à long terme ça va réellement se développer et surtout est ce que les gens vont vouloir s’impliquer sur le long terme, c’est une autre question. En tout cas moi je l’espère ! Et je pense que si les pouvoirs publics et les mouvements politiques arrivent à appuyer ces mouvements-là, je pense que ça peut profondément transformer les villes. L’idée de produire en ville ou à proximité, ce n’est pas une idée uniquement de « bobo » ou une idée à court terme. De toute façon ça sera une nécessité à un moment ou un autre ! Soit parce que l’on y sera contraint et que l’on aura plus le choix, car ça ne sera plus intéressant de faire venir de la nourriture sur de longues distances. Soit parce que l’on anticipera et on produira au plus près. Et là, oui, le végétal au sens large aura un rôle alimentaire mais aussi un rôle dans la création d’un « biotope » complet en ville.

#5 Est-ce que tu penses que les acteurs économiques ont aussi leur rôle à jouer ? Notamment dans la création de nouveaux concepts de magasin par exemple.

Oui, je le pense depuis un moment déjà, mais ça reste mon avis personnel. Je trouve que l’on a un retard dans le monde professionnel pour s’adapter à ces nouveaux mouvements. Je pense qu’il y a clairement des besoins en centre-ville qui ne sont pas satisfaits car ça nécessite de revoir beaucoup de choses, surtout la distribution. Dans les années 70, le marché jardin était en périphérie des villes, près des banlieues pavillonnaires. Aujourd’hui, le marché est différent, ce sont les centres-villes qui créent une bonne partie de la demande. Par contre, on ne peut pas se baser sur les mêmes modèles, c’est-à-dire des systèmes de production à très grande échelle où un producteur va produire une plante et va la distribuer partout en France.  Aujourd’hui, ça serait complètement insensé de demander ça sur des produits alimentaires frais. C’est tout un système qui se doit d’être repensé. C’est le challenge qui attend les futurs acteurs du marché.

#6 Tu penses qu’en France on est en retard là-dessus, si l’on compare avec le reste du monde ?

Je ne pense pas que l’on soit en retard forcément. La prise de conscience écologique, elle est mondiale et les nouveaux modèles émergent de partout dans le monde. Après c’est à nous d’aller les voir, d’aller les chercher et de faire revenir l’information ici pour essayer de s’en inspirer et de créer des modèles qui soient à la fois résilients et qui en même temps correspondent vraiment aux attentes de la population. C’est ça qui est compliqué. Après, est-ce qu’on est en retard… Ce n’est pas une accusation, mais je pense juste que l’on n’a pas encore pris ce marché là assez au sérieux. Ça commence, mais ce n’est pas facile parce que ça remet en cause tout un modèle d’organisation.

#7 Revenons à ton travail, d’où t’es venue cette idée de terrariums en kit ?

Je dois dire que ça fait un moment que je suis dessus… À la base c’était pour mon blog. Je cherchais des nouveautés et je suis tombé, en 2009, sur le travail d’un créateur new-yorkais qui avait créé des nouveaux modèles de terrariums. Je connaissais déjà le principe, mais je ne voyais pas ça comme quelque chose d’esthétique. J’ai un peu creusé et il y a 3 ans maintenant que j’ai commencé à en faire. Avant de sortir mes propres terrariums, j’ai fait beaucoup de tests et écrit plusieurs articles sur le sujet, afin de trouver la technique qui marcherait le mieux. Et voilà, ça fait maintenant 1 an et demi que je les vends.

Le terrarium, c’est un peu l’idée d’un objet unique. Après, moi je fais assez peu de série où l’on met une belle pièce/plante sous cloche, je suis plutôt dans l’idée de faire du micro-paysage. Et puis l’idée du kit, c’est né de l’envie de partager ce que j’ai appris pendant ses 3 ans de recherches.

 

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Kit Terrarium – Le Coin Jardin

#8 Qu’est-ce que l’on peut te souhaiter pour l’avenir ?

De la liberté. La liberté de créer, de tester, d’expérimenter et puis de partager. Voilà, je crois que c’est tout ce que l’on pourrait me souhaiter.

 

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Terrarium – Le Coin Jardin



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