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L’art du bonsaï

Un arbre miniature pour décorer ton intérieur

Le bonsaï, ça te parle ? Idéal si tu n’as pas la place pour entretenir un potager ou des plantes en pot trop imposantes, ces arbres bonsaï : un arbre miniature pour décorer ton intérieur version modèles réduits tiennent sur la commode de ton salon. Très décoratifs, les bonsaïs exigent aussi des soins méticuleux et réguliers. Mais plus qu’une technique de micro-jardinage, l’art du bonsaï peut devenir un véritable art de vivre.

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Qu’est-ce qu’un bonsaï ?

Le bonsaï est un art traditionnel vieux de plus de mille ans. En japonais, bonsaï signifie littéralement “une plante cultivée dans un pot”.

Mais si le bonsaï s’est fait connaître sous nos latitudes comme une tradition japonaise, l’idée de miniaturiser des arbres pour en capturer l’essence n’est pas directement issue de l’Empire du soleil levant. En fait, c’est à la Chine et à l’école du Zen issue de la religion Bouddhiste que l’on doit cette discipline, connue à l’origine sous le nom de Penjing, ou “paysage en pot”.

Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, le bonsaï n’est pas une espèce d’arbre naturellement petite. Il s’agit au contraire de prendre une espèce d’arbre communément trouvée à taille réelle dans la nature et d’en cultiver une version miniaturisée dans un pot.  C’est là toute la difficulté !

Pour maintenir artificiellement l’arbre à une taille réduite, la culture du bonsaï fait appel à une large variété de techniques plus ou moins avancées. Arrosage, taille, ligature, éclairage… Rien n’est laissé au hasard !

Certains maîtres bonsaï ont passé une vie entière à peaufiner leur art et font preuve d’un savoir-faire et d’une dextérité à couper le souffle. A tel point qu’une prestigieuse exposition est organisée tous les ans à Tokyo par la Nippon Bonsaï Association. Si tu cherches l’inspiration pour modeler ton bonsaï tu y trouveras de vrais chefs-d’œuvre !

La bonne nouvelle dans tout ça, c’est que tu n’as pas besoin d’être ceinture noire en jardinage pour entretenir un bonsaï. Pour peu que tu sois patient et rigoureux, la culture du bonsaï est en réalité parfaitement accessible, y compris pour un débutant !

Voici quelques conseils pour apprendre à maîtriser les fondamentaux avant de te lancer dans cette belle aventure.

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Comment choisir ton bonsaï ?

Si tu souhaites t’initier au noble art du bonsaï, 3 solutions s’offrent à toi :

  • Acheter un bonsaï déjà formé dans une jardinerie

Cette méthode, de loin la plus facile, te permet d’obtenir rapidement un bel arbuste décoratif. Mais elle a un coût !

Au sens littéral, tout d’abord, puisqu’il faut compter 4 à 5 ans de culture et de soins méticuleux pour obtenir un bonsaï à proprement parler. Résultat, un bonsaï : ce n’est pas donné ! En général, plus l’arbre est ancien, plus il a de la valeur. Au Japon certains bonsaïs ont plus de 800 ans. Je te laisse imaginer la facture !

Pour cette raison, n’oublie pas de demander un certificat prouvant l’âge de ton arbre lorsque tu achètes un bonsaï. Tu ne serais pas le premier à te faire refourguer une jeune pousse au prix fort alors que le vendeur t’avait pourtant assuré(e) qu’il s’agissait d’un arbre vénérable.

Acheter un bonsaï mature présente également un risque si tu débutes tout juste. Quelques erreurs d’arrosage ou des approximations dans les soins pourraient vite s’avérer fatales. Faire chauffer la carte bleue pour se retrouver avec un bonsaï mort quelques semaines plus tard ce serait quand même dommage, alors commence peut-être par te faire la main sur un bonsaï un peu moins beau ou un peu moins âgé… et surtout un peu moins cher !

Dernier point (et non des moindres), un bonsaï déjà formé ne pourra pas (ou peu) être modelé comme tu le souhaites. Si tu as une idée précise de ce à quoi ton arbre devrait ressembler, mieux vaut opter pour une autre méthode.

  • Cultiver un bonsaï à partir d’une graine

Bien plus économique que la méthode précédente, cette solution demande aussi une belle dose de patience. Comme mentionné plus haut il te faudra environ 5 ans, selon l’espèce choisie, pour obtenir les premiers résultats.

Cultiver un bonsaï de A à Z est donc un choix ambitieux, qui conviendra surtout aux puristes. Longue et difficile, la quête du bonsaï parfait est souvent semée d’embûches. Mais pour certains la satisfaction de créer son propre bonsaï et de le modeler à sa convenance l’emporte sur toutes les difficultés.

  • Acheter un bonsaï préformé ou transformer une jeune pousse en bonsaï

Pour obtenir un bonsaï sans dépenser trop de temps ni d’argent, partir d’un jeune plant et le cultiver pour en faire un bonsaï peut être une bonne alternative. Certaines pépinières proposent également de jeunes bonsaïs que tu seras ensuite libre de modeler comme bon te semble.

En théorie, n’importe quelle plante peut être transformée en bonsaï. Mais dans la pratique, certaines espèces s’y prêtent mieux que d’autres. Car si ton arbre peut être cultivé de manière à le maintenir à une taille miniature, il n’en va pas toujours de même pour ses feuilles ses fleurs et ses fruits. Or pour un amoureux de l’esthétisme en quête des proportions idéales, une poire qui fait la taille de l’arbre qui la porte, ça fait tâche !

Autre facteur à prendre en compte : veux-tu faire pousser ton bonsaï en intérieur ou à l’air libre ? Dans le premier cas, les essences exotiques supportent souvent mieux la vie en appartement. A contrario, une espèce locale aura de meilleures chances de survivre aux rudesses de l’hiver à ciel ouvert.

Pour t’aiguiller dans ton choix, je t’ai concocté une petite sélection des espèces les plus prisées des amateurs de bonsaï. A toi de trouver celle qui te correspond le mieux :

  • L’érable du Japon : pour son feuillage coloré en automne et sa croissance rapide
  • Le ficus : surnommé le “bonsaï du débutant” pour sa grande résistance
  • Le genévrier de Chine : grand classique, il supporte bien la taille et pousse vite
  • Le pommier : pour sa belle floraison
  • Le myrte : pour son port naturellement trapu et ses jolies baies

 

Comment entretenir ton bonsaï ?

Graine ou arbuste, tu as fait ton choix et ton bonsaï trône magistralement dans ton salon ou sur ta terrasse. Mais l’aventure ne fait que commencer !

Pour que ton bonsaï devienne grand et fort (enfin pas trop quand même), il va avoir besoin de quelques minutes d’attention au quotidien. Le point sur les principales techniques à maîtriser pour devenir un vrai pro du bonsaï.

  • La taille du bonsaï

La petite taille du bonsaï tient en partie au manque de ressources. En cultivant l’arbre dans un pot on lui donne accès à une alimentation et à un espace limités qui vont freiner son développement.

Mais cette méthode ne suffit pas en elle-même à maintenir un arbre à très petite taille. La nanification de l’arbre passe aussi par une taille régulière. Un bonsaï non taillé redeviendra un arbre normal avec le temps.

En plus de limiter la croissance de la plante, une taille régulière permet de la sculpter afin de lui donner la forme souhaitée. On distingue ainsi la taille d’entretien, qui permet de réguler voire d’affiner la forme de ton bonsaï et la taille de structure, qui consiste à sélectionner les branches qui seront conservées pour donner à l’arbre son style de base.

Pour compliquer les choses, les techniques de taille peuvent également varier d’une espèce à l’autre. Bref un sacré micmac, mais rien d’insurmontable avec un peu de patience.

Un bonsaï réussi, ça passe aussi par de bons outils. Je te recommande par exemple d’utiliser une pince concave plutôt qu’un sécateur classique. Les plaies de ton bonsaï cicatriseront mieux et plus vite.

  • La mise en forme du bonsaï

As-tu déjà remarqué que les bonsaïs ont souvent une silhouette un peu biscornue (voire carrément torturée) ?

Ces formes atypiques ne sont jamais le fruit du hasard. Elles résultent au contraire de soins minutieux pour sculpter l’arbuste.

Pour cela, les adeptes du bonsaï utilisent une technique appelée “ligaturage”, qui consiste à guider le développement des branches souples ou de les vriller légèrement à l’aide de fils de cuivre. La difficulté consiste ensuite à savoir quand retirer ces liens : trop tôt et les branches reprendront leur forme initiale. Trop tard tu risques de blesser la plante.

  • L’arrosage du bonsaï

Enfin, un bonsaï en bonne santé exige un arrosage millimétré. Les racines du bonsaï sont en effet fragiles. Un excès d’eau les fera pourrir (c’est d’ailleurs la première cause de mortalité chez les bonsaïs). Pas assez d’eau, au contraire, et ton bonsaï ne trouvera pas les nutriments indispensables à son bon développement.

Bon rassure toi, le destin de ton arbuste ne se joue pas non plus à quelques gouttes près.

En fait, le plus important est surtout d’être attentif aux besoins de ton bonsaï. Ne l’arrose pas systématiquement, selon une routine immuable. Essaye plutôt de ne l’arroser que quand tu sens que c’est nécessaire. Pour le savoir, seul l’expérience pourra t’aider. Il te faudra apprendre à sentir la terre. Le substrat doit toujours rester très légèrement humide mais la surface de la terre devrait avoir le temps de commencer à sécher entre chaque arrosage. Un équilibre plus subtil qu’il n’y paraît !

Voilà pour les bases. J’espère que ce petit aperçu de l’art du bonsaï et du monde de subtilités qu’il recèle t’aidera à faire tes premiers pas dans cette belle discipline. N’hésite pas à partager en commentaire tes idées, tes questions ou des photos de ton petit protégé.

A très vite !



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